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La Première Rue

Exposition

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“projets et réalisations 1990-2009”
Antonio Jiménez Torrecillas
Commissariat: : Marie Giraud
29 mai – 4 septembre 2009



“projets et réalisations 1990-2009”

Antonio Jiménez Torrecillas est architecte à Grenade. Dès l’ouverture de son agence, en 1990, il est amené à recenser le patrimoine de l'Andalousie, accompagné d’un historien. Il codirige,  en parallèle, la revue Periferia. Ses activités diverses,  théoriques et pratiques, l’engagent rapidement dans une voie originale où fusionnent les questions d'architecture, de paysage et de patrimoine. Dans cette vision d'ensemble, où se mêlent les données issues du site, du climat, de l'histoire et de la perception, la tradition apparaît comme une sorte d'avant-garde.  Le passé n'est pas séparé du vivant. Il est toujours réinterprété. Et c'est parfois dans nos racines les plus anciennes, millénaires, que prennent sens les idées novatrices. « Il n’y a pas de passé, de présent, tout est impressionnant à la main de l’homme ». Le patrimoine est un acquis, un bien commun vécu et entendu comme tel, mais qui recèle une authentique valeur contemporaine. Si l’architecte, dans sa pratique, est responsable envers l'héritage reçu, il est aussi le garant de celui à transmettre. Il puise dans le quotidien une vision intérieure des choses, intime et universelle à la fois. Antonio Jiménez Torrecillas se réfère à Luis Barragan, cet architecte attaché à son territoire et à ses traditions. Ce qui est révolutionnaire est plus proche de l’ordinaire que de l’extraordinaire. Le voyage nous permet de retrouver le quotidien. Il révèle, au contact d'autres cultures, nos lieux familiers. Nous apprenons par analogie et par contraste, et toujours de nous-mêmes.



Lorsqu’il conçoit le centre José Guerrero, musée qui regroupe les oeuvres de l'artiste en plein coeur de Grenade, c’est un lien solide avec le lieu que recherche Antonio Jiménez Torrecillas. Il va jusqu’à tester son projet, à échelle réelle, in situ. Ce qui le préoccupe, c'est la transformation apportée par le futur bâtiment au paysage existant, qu'il re-crée. Notre perception est tout autant intellectuelle qu'animale. L'architecte s’appuie sur cette dimension sensitive qui nous relie fondamentalement à notre environnement. Il instaure, dans ses projets, des dispositifs de parcours, de cadrages, qui nous amènent naturellement à nous approprier le site qu'il transforme. La matérialité génère l’atmosphère du lieu. C'est par la technique constructive et les matériaux que se définit la justesse de la forme. Nous entretenons une relation très forte avec les matériaux. Comme l'écrit Steen E. Rasmussen*, il est remarquable que, sans les toucher, nous ayons conscience de la différence essentielle entre l’argile cuite, le béton ou la pierre cristalline. Les matériaux nous transmettent, par leurs qualités intrinsèques, une beauté particulière qui guide notre regard sur l’espace. Indissociable de la géométrie qui constitue le cadre visuel, la matière engendre une perspective architecturale spécifique. Ce ne sont plus les lignes qui dominent, mais l’unité qui résulte du système de force,  ou d'harmonie, entre la matière et la profondeur de champ. C'est dans l'expérience de l'intériorité du jardin, si intense à Grenade,  que l'architecte dit avoir puisé les ressources de ses interventions. « La compréhension du jardin et de la relation du dedans au dehors a été fondamentale dans ma formation ».



L’architecture d’Antonio Jiménez Torrecillas nous libère des représentations. Elle semble accomplir un retour à l’essentiel.  Elle propose un voyage intérieur, ouvert sur la plénitude du présent. « De nos villes et de ses bâtiments, il reste la forme, nous l’avons héritée. Mais, bien qu'au final ce soit la forme qui persiste, celle-ci ne constitue pas la finalité ». Il faut distinguer l'éphémère du permanent. Nous ne construisons pas des objets. Nous construisons des lieux. Les objets périssent, les lieux demeurent. Nous résistons au changement, à l’inconnu. « A Grenade, il est important de construire, d'offrir une architecture.  C’est une manière pacifique de changer les choses. De cette façon nous aurons confiance en ce que notre époque peut apporter ». L'architecture nous accompagne, aimable et respectueuse, pour rendre présent l’existant, pour offrir un regard différent sur les choses. Elle prend en compte le réel avec une certaine bienveillance. « C’est dans le chaos que la ville trouve son identité. L’architecte travaille dans le désordre et sa pratique ne doit pas se comprendre comme un renoncement, mais comme une résistance positive, joviale ». Antonio Jiménez Torrecillas aborde le projet d’une manière intuitive et affective. Il cherche à établir, à travers une spatialité lisible, un lien profond avec l'existant. L’espace n’est jamais vide. Il est fait de toutes les sensations - vibrations, couleurs, chaud, froid, etc. que nous ressentons à tout instant. L’architecture conserve nos expériences, nos souvenirs. Elle en garde la trace qu'elle inscrit dans la durée. Comme l'art, elle est attentive au monde qui nous entoure, mais elle se rattache irrémédiablement au quotidien. Son pouvoir émotionnel réside dans sa capacité à nous interpeller quant à la beauté d'un lieu, quant au plaisir d’habiter.
« Je vis dans le monde, mais chaque soir je m’endors à Grenade. »**
                                       Marie Giraud

*Steen Eiler Rasmussen, Découvrir l'architecture, [Le Linteau, 2002], p36.
**Antonio Jiménez Torrecillas est professeur à l'école d'architecture de Grenade. Il a été invité dans de nombreuses écoles à l'étranger. Plusieurs prix nationaux et internationaux lui ont été décernés pour ses réalisations.


La Première Rue
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- Premier dimanche de chaque mois (de mars à octobre) de 14h à 17h30.
Autres week-ends sur réservation uniquement.

“projets et réalisations 1990-2009”
Commissariat: : Marie Giraud
Entrée libre.
la galerie blanche
Unité d’habitation Le Corbusier - Briey


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